
Le mathématicien britannique John Horton Conway a créé de nombreux jeux, toujours en lien avec de vraies mathématiques sous-jacentes. Hackenbush, qui s'apparente au jeu de Nim, en est un exemple.
Énoncé
Le mathématicien britannique John Horton Conway a créé de nombreux jeux, toujours en lien avec de vraies mathématiques sous-jacentes. Hackenbush, qui s’apparente au jeu de Nim, en est un exemple.

Le jeu de Hackenbush se pratique sur un ensemble de graphes posés sur un « sol » représenté en pointillés. Les joueurs, à tour de rôle, effacent un arc de leur choix ; toute portion de graphe qui n’est alors plus reliée au sol est également ôtée. Lorsqu’un joueur ne peut plus jouer, il perd la partie.

Si les graphes ne sont constitués que de simples tiges sans embranchement, comparables à des tiges de bambou, le jeu est parfaitement analogue au jeu de Nim à plusieurs tas. La stratégie consiste à calculer la somme-Nim de la situation laissée à l’adversaire. Si cette somme-Nim vaut 0, l’adversaire se trouve dans une situation perdante et ne peut atteindre une situation gagnante, quel que soit son coup ; si elle est différente de 0, il gagnera à coup sûr s’il ne commet pas d’erreur.
Pour calculer la somme-Nim d’une situation, on écrit en base 2 les nombres d’arcs des différentes tiges, puis on les additionne sans prendre en compte les retenues. Dans la figure précédente, les nombres sont respectivement égaux à 7, 3 et 1, soit 111 + 11 + 1 calculé en base 2, sans les retenues, ce qui donne 101. Leur somme-Nim est donc égale à 5. Pour la ramener à 0, il faut supprimer le troisième arc de la plus longue tige, ce qui laisse la situation perdante 2–3–1 à l’adversaire.

Si les trois tiges étaient réunies en « touffe », les trois nœuds au sol étant confondus, le calcul se ferait de la même façon et le coup gagnant serait le même.

Voyons maintenant le cas d’un arbre. Lorsqu’il n’y en a qu’un seul, la solution est évidente : on efface l’arc partant du sol et on gagne. Mais on peut ramener un arbre à une seule tige en calculant la somme-Nim à chaque nœud.


Une situation initiale de Hackenbush peut également présenter des circuits. Un circuit se « résout » en réunissant tous les nœuds de son pourtour, ce qui transforme les arcs en boucles, puis en remplaçant les boucles par des arcs simples.

Q1Question 1 sur 1À faire
Si la situation initiale est la « jeune fille » représentée sur la figure, quel est le coup à jouer pour le joueur qui a le trait ?

John Conway a également proposé des variantes : le blue-red-Hackenbush, dans lequel chaque arc est colorié soit en bleu, soit en rouge et où chaque joueur ne peut effacer que les arcs de sa couleur, et le green-blue-red-Hackenbush, dans lequel il existe en plus des arcs verts qui peuvent être effacés indifféremment par l’un ou l’autre joueur.